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Wilfried, un collectionneur belge d’expression flamande, nous montre une partie de sa collection. Vous avez le choix de naviguer entre le néerlandais et le français. Il a un faible pour les voitures classiques des années cinquante et soixante. La Karmann Ghia est sa préférée. D’autres thèmes sont :
Salon de l'Auto, Auto-Sport, Musées Automobiles, etc… Il y en a qu’on aime à toutes les échelles !
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HISTORIQUE

Une entreprise commune sous une heureuse constellation
Le nom Volkswagen Karmann Ghia
fait clairement référence à ses trois géniteurs :

D’abord GHIA, le styliste de Turin
auquel le modèle doit la pureté de ses lignes fluides.

Ensuite KARMANN, le carrossier d’Osnabrück
qui a su imposer le concept d’une petite série de voitures exclusives,
en partie formées à la main.

Enfin VOLKSWAGEN, le constructeur de Wolfsburg
qui offrait la solide base mécanique (formule ‘4 à plat’
avec le moteur et le châssis de la Coccinelle export)
et son large réseau commercial.


Le carénage de la Karmann-Ghia Type 14 a été étudié en soufflerie, pour vaincre la résistance de l’air. La tôlerie se compose de plusieurs panneaux plus petits soudés, puis égalisés et traités à l’étain. L’extérieur reçoit quatre couches de peinture. Le pare-brise et la lunette bombés sont encadrés de montants fuselés ; les portes n’ont pas de montant B. Le centre de gravité surbaissé accentue encore son profil élancé.

La ‘French Connection’

Pourtant la genèse du modèle reste entourée de mystère. Dès 1950, il a pu germer dans le tiroir de Mario BOANO, ancien propriétaire de la Carrozzeria Ghia. A la demande de Wilhelm Karmann junior, son successeur Luigi SEGRE a montré fin 1953 un prototype à Heinz NORDHOFF, le patron de VW.

1953 KG Prototype, vue de face et vue de derrière www.angelfire.com

Charles LADOUCHE, l’importateur français de VW et de Chrysler, jouait un rôle-clé là-dedans. Non seulement il a fourni à l’insu de VW un châssis de Cox à Ghia ; des rendez-vous secrets ont aussi eu lieu à Paris. Quant à l’influence américaine, les avis sont partagés. Virgil EXNER, ex-associé de Loewy, qualifiait le dessin de copie réduite de sa Chrysler d’Elégance, assemblée en 1953 chez Ghia.

Chrysler d’Elégance, vue ¾ avant www.autoweteran.gower.pl et de profil www.madle.org

Même si toute la vérité ne sera probablement plus jamais révélée, les tendances stylistiques de l’époque y sont pour beaucoup. En effet, la ressemblance est frappante avec un autre ‘show car’, de facture française. Il s’agit de la Renault 4cv Autobleu, exposée au Salon de Paris de 1953.

1956 Autobleu, vue ¾ avant www.classic2.dds.nl et ¾ arrière www.AllSportAuto.com

C’était un dérivé de la célèbre Puce, le pendant français de la Cox (d’où la présence de cette page sur un site consacré à l’icône de Billancourt). Il était développé par Lapeytre et Mestivier, en collaboration avec Ghia (et plus tard le carrossier Chapron). Le procédé était similaire : donner une cure esthétique à une petite populaire, avec l’aval de la Régie. Mais le succès n’était pas au rendez-vous.

De même, de nombreux carrossiers indépendants ont construit des VW specials sur le châssis de la Cox : Hebmüller, Rometsch, Dannenhauer & Stauss, Beutler, Drews, Denzel et j’en passe. Mais seul Karmann a réussi à conquérir le marché avec un classique intemporel et abordable. Bien sûr, il avait du prestige chez Volkswagen, car il fabriquait depuis 1949 la VW cabriolet 4 places fort prisée.

Rometsch Lawrence Coupe, vue ¾ avant www.coachbuild.com et ¾ arrière www.karmann-ghia-lippe-nrw.de

La voiture de sport la plus lente au monde

Le K-G coupé (nom de code 143) a été révélé à la presse le 14 juillet 1955 à Georgsmarienhütte et en septembre au public, lors du 37ème Salon de Francfort. C’était un coup dans le mille : 10.000 voitures furent vendues après 1 an. La production du cabriolet (code 141) démarrait deux ans plus tard, en 1957. En 1959, la version conduite à droite a vu le jour (code 144 resp. 142 pour le coupé et le cabriolet).

 KG Montage Belge : de 1957 à 1959, 636 Karmann Ghia ont été assemblées à Forest,
en Belgique.
(prix en 1958 : 95.000 anciens FrB)

Attention : photo soumise à autorisation de publication explicite !
 

En 1956, l’accueil suivant lui était réservé dans la presse aux USA : "La nouvelle VW a l’allure et la tenue de route d’une voiture sportive, sans en avoir les cotes de vitesse ni d’accélération… Ce n’est pas une voiture de sport, de grand tourisme ni un bolide, mais plutôt une coque mi-customisée sur un châssis de Volkswagen… En somme, la Karmann-Ghia VW coupé a un potentiel de routière ou citadine économe pour un homme et une femme de taille moyenne au goût raffiné. Elle n’est pas et n’a jamais été conçue comme une voiture de sport, mais qui sait ce qui se passerait si un moteur Porsche était logé dans sa large queue ? … Ce qui compte surtout, c’est le plaisir de la conduire".

Malgré son apparence sportive, elle cachait des dessous ‘d’Apollon impuissant’. Son manque de puissance était le seul point de critique. Or, la fiabilité prévalait. Et pourtant, on n’a pas hésité à la comparer dans la pub (non sans ironie) à de vraies voitures de sport comme la Porsche 911, la Mercedes 280 SL et la Maserati Mistral.

1970 Sportscars, annonces www.type-14.com et www.AteUpWithMotor.com

La caisse a subi un restyling en 1959 (phares surélevés, feux arrière différents et d’autres ‘moustaches’, d’ailleurs absentes sur le prototype). En 1969, les clignotants avant changent de forme ; en 1971, c’est le tour aux pare-chocs (voir : L’ORIGINAL – Evolution). Pour le reste, les améliorations techniques de la Cox étaient suivies de près. Quatre motorisations ont vu le jour : 1200, 1300, 1500 et 1600.

La cylindrée et la puissance grimpaient peu à peu : de 1192 cm³ (30cv en 1955 et 34cv en 1960), en passant par 1285 cm³ et 40cv en 1965, à 1493 cm³ et 44cv en 1966. Parallèlement, on passait des freins tambour aux disques à l’avant et de 6 en 12V. En 1970 est apparu l’ultime moteur à 1584 cm³ et 50cv faisant du 138 à l’heure, qui a arraché l’exclamation "La dernière Porsche Speedster est … une Karmann Ghia !".

Les clients inassouvis pouvaient monter le kit Okrasa d’Oettinger ou le compresseur Judson pour gonfler le moteur. Après réglage, on pouvait atteindre les 150 km/h chrono. Pas très impressionnant, face à la concurrence : MG A 160 km/h, Alfa Romeo Giulietta 165 km/h, Mercedes 190 SL 170 km/h…

Sainte Trinité

Le petit Type 14 est resté en production pendant près de 20 ans, de 1955 à 1974. Du coupé ont été construites ± 360.000 unités et du cabriolet ± 80.000, soit environ 440.000 véhicules en tout. Combien auraient survécu ? Il a cédé la place à la VW Scirocco.

En fait, deux autres Karmann ont coexisté. De 1961 à 1969, il y avait encore le grand Type 34 (surnommé ‘Lame de rasoir’ ou ‘Sourcils’), dans un style proche de la Chevrolet Corvair. La production se limitait à 42.500 exemplaires seulement. Le cousin moins connu est le TC (Touring Coupé) ou Type 145, un deux volumes construit de 1970 à 1975 au Brésil (± 20.000 unités).

1961 Type 3 et 1972 TC Coupé, annonces www.kdf-wagen.de et www.angelfire.com 

La K-G est à tous points de vue une Volkswagen hors du commun. Rimant des dessous allemands à une élégante robe italienne, propulsée par la mode ‘Small is beautiful’ et diffusée surtout sur la plage de Californie. Plus que le haut de gamme de Volkswagen, c’est un produit de niche devenu objet culte, qui continue à enthousiasmer des milliers d’amateurs.

Sources :
- Malcolm BOBBIT, Karmann Ghia Coupé & Cabriolet, éd. Veloce, 2002, 112pp.
- Bob BROWN, “The last Porsche Speedster is... a Karmann Ghia!”, Car and Driver, 08/1972, p.29-32.
- Jean-Jacques DUPUIS, “Hors-série : 4cv Autobleu”, Gazoline, n° 89, 04/2003, p.8-13.
- Carlo Alberto GABELLIERI, “VW Karmann-Ghia: perfezione tedesca, stile italiano”, Auto d’Epoca, 03/1995, p.39-45.
- W. KARMANN GmbH, “Die Karmann Ghia Story – Gründerjahre”, www.karmann.com, 7pp.
- Jan LAMMERSE, “Kevertechniek in Italiaanse verpakking”, Het Automobiel, nr. 48, 03/1984, p.22-27.
- Philippe LEVIEZ & Jérôme VILA, “Historique : Les Karmann Ghia de 1955 à 1959”, Super VW Magazine, n° 105, 05/1998, 5pp.
- Karl LUDVIGSEN, “SCI tests the new Karmann Ghia Volkswagen”, Sports Car Illustrated, 04/1956, p.40-43,62.
- Dominique PASCAL, “Volkswagen Karmann Ghia”, Auto Collection, n° 49, éd. SPAL, 1999, 34pp.
- Clive PREW, “Classic profile : Café racers”, Classic and Sportscar, 05/1988, p.26-32.
- Graham ROBSON, “Getting by on its Good Looks : Volkswagen’s Karmann-Ghia”, Collectible Automobile, 04/1996, p.25-35.
- Aaron SEVERSON, “Beetle in a Cocktail Dress : The Volkswagen Karmann Ghia”, www.AteUpWithMotor.com, 02/2009, 13pp.
- X, “Mama mia, een Volkswagen van Ghia”, Auto Motor Klassiek, 02/1997, p.24-27.

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